Un tranfert de prisonniers à haut risques

Didier Deschamps a décrit des conditions de transport “inadmissibles” en région parisienne, qui auraient précipité à ses yeux la fébrilité de son équipe sur la pelouse du Parc des Princes (1-2). Il n’a pas éludé les questions liées au jeu, mais le coach de l’OM avait l’esprit encore sur le périph.

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DIDIER DESCHAMPS, votre entame de match explique la défaite ?

D.D. : C’est probable. Au-delà du fait qu’on a pris ces deux buts, et qu’on a couru derrière, on a eu une entame compliquée. Notre avant-match a été compliqué. Même si les deux buts viennent sur des erreurs techniques, nous sommes arrivés une heure avant au stade, la veille on s’est retrouvé 25 minutes sur le périphérique, seuls sans escorte. Ce n’est pas la peine de faire du bla bla. On monopolise des gens qui ne servent à rien. Ils ont pris un trajet, libre à eux… (sic). Ce n’est pas une excuse, mais il faut arrêter de faire de la littérature et faire en sorte que ce soit efficace. J’ai l’impression qu’on faisait un transfert de prisonniers à haut risque. Ce sont des gens compétents qui prennent des décisions, ce qui est arrivé n’est pas normal et logique.

Ce n’est pas la première fois que votre entame est timide…

D.D. : Oui c’est moins arrivé mercredi (à Zilina, 7-0)… Cela peut arriver. Je ne sais pas si ça va devenir une constante, je n’espère pas. On a vu une équipe rendue fébrile par le contexte, même si le match en lui-même peut donner cette fébrilité. Je l’ai senti, c’est ce qui nous a conduit, sur les vingt premières minutes, à faire des erreurs dans la relance et à amener les buts de Paris. On aurait pu et dû revenir à 2-2, mais être menés 2-0 à l’extérieur, ce n’est pas simple, surtout contre une équipe qui a une grande confiance, même si elle a plus subi que maîtrisé les événements après le repos.

Diriez-vous que c’était le même début de match qu’à Lille ?

D.D. : Quand même pas. A Lille (victoire 3-1), on était plus en difficulté. On a fait des erreurs qui ont mis en valeur la qualité de Paris, qui essaie de mettre la pression d’entrée. Il aurait fallu plus de lucidité à la récupération du ballon.

Même que vous dominiez, on a senti vos attaquants discrets, Rémy par exemple…

D.D. : J’ai des joueurs de qualité. Mais les matches de haut niveau, ça ne vient pas comme ça en claquant des doigts. Mathieu (Valbuena), même s’il a plus d’expérience que d’autres, n’en a pas joué beaucoup des matches comme ça, à gros enjeu, avec du combat physique. Cela demande beaucoup dans l’aspect psychologique. De l’expérience, tout simplement. Certains peuvent se sentir plus ou moins bien. Il faut maîtriser ce qui se passe avant pour être un peu plus efficace.

Vous semblez davantage préoccupé par ce qui est arrivé avant le match que pendant…

D.D. : Je ne l’occulte pas. Ce ne sont pas les éléments extérieurs qui ont marqué les deux buts, on a fait des fautes et Paris en a profité. Ce n’est pas de la stratégie de com… Pas de problème, je parle du match et des joueurs. Mais ce qui s’est passé est inadmissible.

C’est un coup d’arrêt ?

D. D. : C’est un coup d’arrêt oui, car on était sur une bonne série. Les autres n’ont pas pris beaucoup de points. On en a 18 avec un match en moins…

Comment avez-vous trouvé le Parc sans supporters marseillais ?

D. D. : Comme je l’ai dit avant. C’est un grand match, on fait monter la sauce, c’est un spectacle. Dans un sens ou dans l’autre, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas les supporters des deux équipes. Les nôtres, on préfère qu’ils soient là, ils viennent des quatre coins de France, voire d’Europe, c’est leur match surtout. Il est aberrant qu’on puisse arriver à des situations comme celles-là et à une telle décision.

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