Tak en colère……

Coup de tonnerre à la commission permanente, hier. Un incident de séance, d’une “rare violence”, provoqué par André Thien-Ah-Koon, a entraîné le report des travaux en cours. L’homme de 70 ans, très énervé selon ses collègues du conseil régional, a fracassé volontairement un verre en pyrex sur la table de réunion. “En fin de matinée, a déclaré Didier Robert, j’ai dû lever la séance de la commission permanente face au comportement extrêmement violent de M. Thien-Ah-Koon qui s’en est pris à Michel Vergoz et, par voie de conséquence, aux autres membres de la commission permanente”. Les faits rapportés par plusieurs élus, témoins de la scène, sont pour le moins surprenants. La commission en avait presque terminé avec son ordre du jour composé d’une vingtaine de dossiers. Plus précisément, elle abordait le dossier GART (*), apparemment “anodin”, posant la question du renouvellement du contrat d’adhésion à deux organismes de transport pour un montant de 8 000 euros. Compte tenu de l’actualité sur le prix des carburants, le conseiller régional (PS), Michel Vergoz s’est lancé dans une tirade sur les offres alternatives aux pétro-carburants comme le GPL. “TAK est intervenu ensuite, a raconté Didier Robert. Il a alors critiqué le bilan de la Région et a accusé la majorité d’assassiner l’économie réunionnaise”. L’évocation de l’abandon du tram-train et du projet géothermique de la plaine des Sables l’aurait fait monter en pression. Selon la version de Michel Vergoz, M. TAK avait déjà dépassé les bornes en accusant, “très calmement”, Didier Robert en ces termes : “Assassin, assassin, assassin. Assassin de la Plaine-des-Cafres ! Assassin de la Réunion !”. Michel Vergoz, également opposé à l’époque au projet de géothermie, a refusé d’être attaqué de la sorte par l’ancien maire du Tampon. “De vifs échanges” entre les deux hommes ont alors eu lieu. “J’ai insisté pour qu’il se calme compte tenu de l’agressivité qu’il manifestait”, a souligné Didier Robert.

“Tout le monde était scotché, tétanisé…”

Décidément pas raisonnable, TAK a alors saisi son verre d’eau et l’a brisé “avec une grande force” sur la table de la commission, suscitant “indignation, stupeur et émoi” chez ses collègues. “Tout le monde était scotché, tétanisé”, a relaté Michel Vergoz.
C’était imprévisible. M. Vergoz lui a demandé de s’excuser mais il a refusé de le faire”. Le procureur de la République a été saisi par le président de Région. Le magistrat pourra se reporter à l’article 46 du règlement intérieur de la collectivité tout comme au Code général des collectivités territoriales (Art 41-32-11, 21-21-16 et 31-21-13) pour décider s’il est opportun d’y donner suite. Dans l’après-midi, un huissier est passé à La Région pour photographier les bris de verres éparpillés sur la table. La preuve matérielle de ce que tout le monde appelait dans les couloirs de la pyramide inversée, “un pétage de plombs”. Compte tenu du calendrier politique serré, Didier Robert a estimé que “le risque d’une dégradation des relations avec l’opposition était évident”.
Une dégradation qui pourrait atteindre son paroxysme en 2014, à l’occasion des prochaines municipales au Tampon. On envisage mal que d’ici là, les deux hommes aient recollé les morceaux

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