Peut-être un racheteur pour Zeop….

C’est un groupe local, celui de l’industriel Abdéali Goulamaly, qui pourrait racheter la majorité des parts de l’installateur de fibre optique en redressement depuis 8 mois. Les juges se donnent jusqu’au 23 mars pour étudier l’offre d’Océinde, qui se dit prêt à injecter 40 millions d’euros à court terme.

Le mystère est enfin levé sur l’identité du repreneur potentiel de l’installateur de fibre optique de très haut débit Zeop/Intercâble Réunion, en redressement judiciaire depuis le mois d’août dernier. Il s’agit du groupe réunionnais Océinde, propriété d’Abdéali Goulamaly (lire par ailleurs), qui a proposé hier son plan de reprise au tribunal de commerce au terme de trois mois de négociations avec la Mauritius Commercial Bank, seul des principaux actionnaires de la société à ne pas avoir quitté un navire en perdition. Les juges se donnent jusqu’au 23 mars prochain pour étudier l’offre formulée par l’industriel réunionnais, et dont les termes ne sont pas encore connus dans le détail. Toutefois, Océinde se dit déjà prêt, par la voix de son directeur administratif et financier Hassim Onian, “à investir 40 millions d’euros sur le court terme, afin de porter un projet technologique très intéressant pour la Réunion de demain.”

“L’esprit de bâtir”

Encouragé par le volontarisme de la MCB, qui a tenu à bout de bras Zeop durant ces derniers mois alors que ses partenaires canadiens et sud-africains ont fait défaut, et que les banques réunionnaises ont brillé par leur absence, l’industriel réunionnais n’a finalement pas mis longtemps pour se mettre d’accord avec un actionnaire mauricien enthousiaste. “C’est vrai que nous nous sommes sentis un peu seuls ces derniers temps, mais nous sommes à présent convaincus qu’Océinde sera un excellent partenaire. C’est un groupe honnête et travailleur, ce qu’il nous faudra pour l’avenir”, se félicite Marc Lagesse, chief excutive officer du département Capital markets de la MCB. Un concert de louanges à la hauteur du soulagement que représente l’arrivée inespérée d’un pourvoyeur de fonds séduit par le projet à long terme du développement de la fibre optique à très haut débit, qu’attendent encore des communes aussi importantes que Saint-Denis. “Il y avait certes des repreneurs proposant d’investir de petites sommes, mais dans l’idée de faire la culbute plus tard, pas dans l’esprit de bâtir”, affirme encore Hassim Onian, qui imagine déjà Zeop développer la fibre optique “jusqu’à la maison” dans toute la Réunion et “pourquoi pas, plus tard, à Maurice !” Me Jean-Jacques Morel, l’avocat de Zeop, loue également “l’intérêt majeur d’un projet d’avant-garde”, soulignant au passage “la qualité de l’offre de reprise” formulée par Océinde. En devenant l’actionnaire majoritaire devant la MCB, le groupe d’Abdéali Goulamaly pourrait voir être épuré le passif de 25 millions d’euros qui plombe actuellement les comptes de Zeop. Toutefois, Océinde prévient que “des sacrifices seront nécessaires pour mieux repartir”, même si le groupe se refuse à parler de licenciements pour les 89 salariés conservés depuis le début de la procédure : “Nous n’avons jamais licencié personne”, assure Hassim Onian.

“Des sacrifices pour repartir”

Derrière cette volonté de rassurer, on voit mal toutefois comment le nouvel actionnaire pourrait faire l’économie d’un plan social, comme semblaient en témoigner les visages inquiets des représentants du personnel, qui seront consultés dans les prochains jours. “Il faudra de toute façon que Zeop retrouve un seuil de rentabilité, autour de 50-60 personnels. En métropole, avec le même nombre de salariés, des sociétés gèrent des dizaines de milliers d’abonnés. À la Réunion, ils ne sont encore que 4 000…”, explique une source proche du dossier. Me Morel, pour Zeop, se dit persuadé cependant que “la croissance reviendra avec ce nouveau projet, et sera créateur d’emplois. À terme, Zeop comptera même plus d’employés qu’avant.” Visiblement soulagé, Pierre Vives, directeur de Zeop, affirme “n’avoir jamais perdu espoir. Nous sommes aujourd’hui à une étape charnière, en espérant que nous avons seulement reculé pour mieux sauter. Il faudra ensuite courir, aussi vite que la fibre optique…” Encore faut-il que le tribunal valide l’offre formulée par Océinde pour donner le top départ… Réponse dans un mois.

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