Le journée mondiale du Tabac à la Réunion

tabac.jpgLe Dr David Mété, chef du service d’addictologie à l’hôpital de Bellepierre, tiendra à rappeler à l’occasion de la journée mondiale sans tabac de demain les méfaits souvent trop banalisés de la cigarette et fustige la démobilisation des pouvoirs publics face à la lutte contre le tabac. Une étude montre qu’à la Réunion, la cigarette tue proportionnellement plus qu’en métropole, surtout les femmes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que vers 2020, le tabac l’une des principales cause de décès, avec plus de 10 millions de victimes par an. Le tabac entrainera alors plus de décès à travers le monde que le Sida, la turberculose, la mortalité maternelle, les accidents de voiture, les suicides et les homicides tous cela combinés.

Cette Journée vise à mettre l’accent sur le rôle qu’à les professionnels de la santé dans la lutte antitabac. Ces derniers sont en effet en contact avec un pourcentage élevé de la population et ils ont l’occasion d’aider les fumeurs à modifier certain de leur comportement. Ils peuvent aussi donner des conseils et des réponses aux questions relatives aux conséquences du tabagisme et donner l’exemple en s’abstenant de fumer.

Comparativement à la métropole, y a-t-il plus de fumeurs à la Réunion ?

Il y a environ 30 % de fumeurs quotidiens en France mais on ne dispose pas de données pour l’ensemble de la population réunionnaise. On sait aussi qu’il y a une surmortalité régionale liée au tabagisme (plus de 500 morts par an), en particulier chez les femmes. On parle beaucoup de l’alcool car il peut entraîner de la violence, des accidents routier et mais si le tabac est moins bruyant, mais celui-ci remplit nos hôpitaux et il tue en silence.

Les maladies liés au tabac donne 90 % des cancers du poumon. En France, il est en passe de devenir la première cause de mortalité par cancer, devant le cancer du sein. Il peut provoquer bien d’autres pathologies pulmonaires (bronchite chronique, asthme, emphysème…) limitant terriblement la qualité de vie à cause d’une immobilisation sous oxygène. Il ne faut pas oublier les pathologies cardiovasculaires (infarctus, hypertension artérielle) ou encore les complications neurologiques (AVC, hémorragie méningée…).

À partir de combien de cigarettes consommées est-on considéré comme dépendant ?

La plupart des fumeurs sont tous dépendants. Pour en être sur on leur fait passer le test de Fagerström. On estime qu’une personne qui n’arrive pas à s’abstenir de fumer plus d’une journée ou quelques jours à la suite est dépendante. La dépendance, c’est la perte de la liberté de s’abstenir.

Quelles solutions proposez-vous pour arrêter de fumer ?

Pour arrêter de fumer, il faut déjà que cela vienne de vous. Si l’on fume moins de dix cigarettes, on conseille des pastilles nicotiniques. Pour les gens qui fument plus de 10 cigarettes par jour, on considère que les substituts nicotiniques ou les médicaments ont un intérêt. Nous sommes l’un des rares départements en France à bénéficier de subventions du conseil général pour distribuer des patchs gratuitement, dans le cadre d’un soin encadré. L’État offre un forfait de 50 euros par an pour rembourser les traitements contre le tabac et de 150 euros pour les femmes enceintes et les CMU. Mais ce n’est pas assez. Cela couvre seulement deux semaines de traitement. On rembourse les traitements pour l’alcool et l’héroïne mais pas le tabac qui est l’addiction responsable de plus de morts. C’est une politique injuste.


Même si cela rapporte de l’argent à l’État, le coût du tabagisme est énorme (maladies, arrêts de travail, incendie…). Pour certains économistes, cela coûterait plus cher que cela ne rapporte. Il est temps que les mentalités changent par rapport au tabac. Le tabagisme est la première cause de mortalité évitable. Pourtant, le gouvernement n’est pas à la pointe de la lutte contre le tabac. Les politiques français considèrent que fumer est un vice plutôt qu’une dépendance. C’est un discours injuste.

Voici le programme de cette journée:
Au programme À l’occasion de la journée mondiale sans tabac, les services d’addictologie du centre hospitalier régional (CHR) se mobiliseront demain à Saint-Denis et à Saint-Pierre. À Saint-Denis : une manifestation aura lieu de 9 à 16 h au niveau du hall d’entrée de l’hôpital de Bellepierre. Les visiteurs pourront évaluer leur dépendance tabagique, découvriront les dispositifs de sevrage et pourront dialoguer avec des pneumologues, addictologues, cancérologues ou encore une sage-femme pour les questions liées au tabac pendant la grossesse. À Saint-Pierre : une manifestation aura lieu toute la journée au niveau du hall d’entrée du GHSR. Au programme : information auprès de professionnels, intervention de la Ligue contre le cancer, tests au monoxyde de carbone (pour évaluer sa dépendance).

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