Le coût de la nouvelle route du littoral explose



Alors que le premier coup de pioche reste fixé à 2013, le coût de la nouvelle route du littoral en mer et à six voies s’envole vers les sommets. Il y a seulement quelques mois Didier Robert évoquait encore une enveloppe de 1, 6 milliard d’euros, mais les dernières estimations, présentées demain en commission aménagement, tablent sur des hypothèses allant jusqu’à 2, 2 milliards d’euros.

Le projet de nouvelle route du littoral, inscrit dans le protocole de Matignon de 2007, devait coûter 930 millions d’euros… Presque quatre ans plus tard, la facture s’est envolée vers les sommets. Elle explose littéralement ces premières estimations pour une route de seulement 12 km de long. Dès janvier 2008, l’investissement était passé à 1,3 milliard d’euros. Depuis, la Région a changé de main et le nouvel exécutif dirigé par Didier Robert a décidé d’intégrer deux nouvelles voies dédiées aux transports en commun. Le président UMP de la collectivité tablait encore récemment sur un léger surcoût, portant l’ardoise du nouvel ouvrage en mer à six voies à 1,6 milliard d’euros. “Seulement” 300 millions de plus qu’en 2008… Il était en dessous de la réalité. Le rapport, examiné demain par la commission aménagement et déplacements de la Région concernant les études d’avant-projet sommaire modifiée, évoque une série de variantes allant de 1,7 milliard d’euros à 2,2 milliards d’euros. Il explore l’intégration d’un TCSP (dans l’axe ou sur les côtés) devant “permettre à terme d’accueillir un mode ferré léger”. Le document planche sur les différentes options d’élargissement de l’ouvrage tout en prenant en compte les deux variantes encore en lice sur le tronçon entre la Grande Chaloupe et La Possession. La solution actée par la précédente majorité prévoyait une route à 2×2 voies flanquées de bandes d’arrêt d’urgence, soit une largeur de 24 mètres en viaduc. Les nouveaux scénarios se décomposent en trois grandes “familles”. Plus c’est large, plus c’est coûteux. C’est mathématique. La première famille envisage une largeur de route de 29 mètres maximum. Celle-ci exclut de facto la création de bandes d’arrêt d’urgence, de circulation cycliste et serait “pénalisante pour l’exploitant”, selon le rapport.

La hausse n’est pas finie

La deuxième famille, avec des portions en viaduc d’une largeur inférieure à 33 mètres impose de choisir entre bandes d’arrêt d’urgence et voies cyclables. La troisième, la plus large (36 mètres en viaduc), permet d’intégrer tous les modes de déplacements sans contraintes. Ce serait donc la mieux adaptée, sauf qu’elle est évidemment bien plus chère. En excluant les scénarios de la première famille, il faudra compter deux ou trois tabliers pour soutenir les viaducs. Tout dépendra du positionnement du TCSP au centre ou sur les côtés… Ce qui alourdit les travaux et, là aussi, augmente le coût de l’ouvrage. D’ailleurs, le nombre d’appuis s’appuyant sur les fonds marins est passé de 48 à au moins 56. Les volumes de matériaux nécessaires pour créer les digues sont eux aussi et sans surprise à la hausse. Les prix gagnent aussi de ce côté-là. Le tarif des différentes variantes, qui seront débattues demain par les élus, exclut les mesures environnementales compensatoires encore à déterminer et, le rapport le précise, “le traitement des extrémités urbaines (Saint-Denis, La Possession) dans la mesure où le tracé du futur Trans Eco Express n’est pas à ce jour connu”. La précédente majorité non plus n’avait pas ajouté ces deux éléments dans ses propres estimations financières. Surtout, ces simulations sont réalisées sur la base des valeurs de mars 2010, soit plus de deux ans avant le premier coup de pioche programmé en 2013. Pour mémoire, le coût de la route des Tamarins (1,1 milliard) avait presque doublé entre le projet et la livraison. Le prix d’une liaison totalement sécurisée entre Saint-Denis et l’Ouest pour les 50 000 véhicules qui l’empruntent chaque jour n’a pas fini d’augmenter. Il risque d’ailleurs de plomber lourdement les finances régionales. Tout dépendra de la renégociation des accords de Matignon avec l’État. Mais, vu les sommes en jeu, le spectre du péage, enterré pourtant par Didier Robert, pourrait bien refaire surface

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