Franck Cammas roi du Rhum…

Franck Cammas, qui a remporté la 9e édition de la Route du Rhum à bord de son trimaran géant Groupama 3, s’est déclaré très fier d’ajouter son nom à celui d’autres “marins phénoménaux”. Parmi toutes ses victoires, celle-ci sort du lot pour le navigateur.

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Est-ce votre plus belle victoire?

Franck Cammas: Toutes les victoires sont jolies mais celle-là est vraiment mythique. Des marins phénoménaux l’ont gagnée et je suis très fier de l’avoir fait. Je suis parti l’esprit libre, avec pour seule ambition de traverser l’Atlantique avec Groupama 3. Quand je pense à Michel Desjoyeaux, à Thomas Coville, je suis content de m’être battu avec eux et d’être devant.

Racontez-nous ces neuf jours…

F.C: Après 24 heures de course, je me suis retrouvé en tête et me suis dit qu’on pouvait faire quelque chose, qu’il y avait un coup à jouer, que la route sud était intéressante mais que la “porte” (l’anticyclone des Açores, qui se déplaçait d’ouest en est) allait se fermer derrière moi. Avec les routeurs (à terre), on a fait une route qui me correspondait. Je pouvais mener Groupama à 95% des polaires (prévisions) sur la route sud. Le choix, qu’on a fait tardivement, s’est révélé très judicieux car il s’est avéré qu’il était difficile de mener des bateaux à fond sur l’option nord.

Vous êtes-vous fait peur à bord cette machine conçue pour 10 équipiers?

F.C: Quand la météo était mauvaise, je me disais que j’étais mieux avec Groupama 3 (31,50 mètres) qu’avec un (trimaran de) 60 pieds (18,28 mètres), parce qu’il est plus stable. Je me suis retrouvé deux fois dans des grains à 45 noeuds (81 km/h): c’est moyen, car on ne sait pas si ça ne va pas monter à 55 noeuds (99 km/h). Alors on s’accroche à la barre et on gère, mais on n’est pas très fier. J’étais évidemment loin d’exploiter tout le potentiel du bateau comme on le fait en équipage. Ca a fonctionné mais ça aurait aussi pu ne pas fonctionner. Peut-être que la solution c’est d’avoir des bateaux encore plus grands… On n’a pas eu de conditions météo trop dures mais après les Açores, ce n’était pas si facile que ça.

Quels ont été les moments les plus durs de cette Route du Rhum?

F.C: L’attente à Saint-Malo (d’où la course est partie, le 31 octobre). On se demande quelle météo on va avoir, il faut répondre aux journalistes… Et les dernières heures de course, parce que les milles passaient très lentement. Quand il n’y a pas beaucoup de vent, le bateau tape, on a envie de fêter ça au plus vite quand on est en tête. Et il y a eu la dernière nuit, très, très noire, avec des grains qui tombaient ou qui ne tombaient pas. C’était assez stressant.

4 pensées sur “Franck Cammas roi du Rhum…

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