Des taureaux sur la route de Maido

Le week-end dernier, une famille a été chargée par un taureau sur la route forestière du Maïdo. De quoi relancer le débat sur la gestion des animaux divagants. Un véritable casse-tête pour l’ONF.

Pas de bobos, mais une sacrée frayeur pour une maman et ses deux enfants, qui ont été poursuivis par un taureau excité, dimanche dernier, à proximité des kiosques de la route forestière du Maïdo. “On se baladait tranquillement lorsque la bête nous a coupé la route. Elle devait faire dans les 800 kilos. Impressionnant. On a eu le temps de regagner la route, mais mes enfants ont eu très peur”, rapporte la mère de famille, qui n’est pas la première à subir cette mésaventure. Personne n’ignore que la zone du Maïdo est un pâturage à ciel ouvert, que les bovins ont l’habitude d’y circuler en toute liberté, au risque de mettre en danger les usagers du site. Hier matin, nous en avons croisé une dizaine dans la zone de pique-nique des 1800 mètres. Certes, ces belles bêtes n’ont causé aucun accident dramatique jusqu’ici. Mais il n’est pas rare que des touristes ou des employés de l’ONF se blessent en prenant la poudre d’escampette devant un taureau menaçant.

L’ONF À COURT DE SOLUTIONS

“C’est un souci. On a déjà eu des agents en arrêt de travail pendant trois ou quatre mois pour des foulures voire des fractures”, rapporte André Libeau, responsable de l’unité territoriale Ouest de l’ONF. La problématique des animaux divaguant du Maïdo est une vieille rengaine. Des années que les riverains et commerçants du coin s’en plaignent. Les trois derniers sous-préfets de Saint-Paul ont bien tenté de s’attaquer au dossier. A chaque fois, ils ont fini par reculer sous la pression et les manifestations des “éleveurs” concernés. Aujourd’hui, rien n’a changé. L’ONF s’avoue incapable de faire respecter la réglementation, qui interdit toute circulation d’animaux divaguant dans les espaces naturels. “On n’en a pas les moyens”, lâche Patrick Chefson, ancien garde forestier de Trois-Bassins. “Ce n’est pas faute d’avoir soulevé la question. Tous les ans, le sujet est abordé dans des réunions, avec des élus. Mais aucune solution n’est trouvée”. Quelles solutions en l’occurrence ? Casse-tête. Ou recaser un cheptel d’environ 800 têtes – dont la moitié n’est pas déclarée – sachant qu’il est impossible d’accorder des concessions sur le territoire protégé du Maïdo.

LA CRAINTE DE REPRÉSAILLES

Difficile de faire entendre cette donne à la quinzaine de familles de Trois-Bassins, du Guillaume et des hauts de Saint-Leu, qui laissent traîner leurs bêtes dans la nature, en toute illégalité. L’ONF a bien tenté des mises en demeures. Mais les réponses se soldent par des menaces, actes de vandalisme voire même des incendies malveillants. “Certains éleveurs sont des têtes brûlées. Ils n’hésitent pas à nous intimider quand on leur fait des remarques”, témoigne un agent forestier. Même crainte des représailles chez les commerçants et restaurateurs de la route du Maïdo, qui déplorent unanimement, mais discrètement, la libre circulation des bovins. “Bien sûr que ça nous pose problème. On ne peut plus rien planter. Les animaux bouffent tout. Mais personne n’ose porter plainte, car on ne veut pas avoir d’histoires avec certains propriétaires”, confie, sous couvert d’anonymat, un professionnel du secteur. Sentiment relayé par Patrick Chefson : “Ce n’est pas facile de raisonner ces pseudo-éleveurs”. Cette situation trouve son origine dans les années 70, à l’époque d’une politique qui encourageait le maintien des animaux en montagne. Appâtées par des subventions juteuses, nombre de familles ont acheté des vaches en masse. Aujourd’hui, la tradition fait son œuvre et pas mal d’enfants souhaitent poursuivre l’exploitation de leurs parents. Problème : la plupart d’entre-eux n’ont peu ou pas de terre. Et utilisent la forêt comme prairie, à moindres frais. Rien à débourser pour nourrir les bêtes, rien à payer pour l’équarrissage, etc. Le bon plan, en somme. Sauf que les cheptels prolifèrent sans contrôle, posant un double problème de sécurité publique et d’atteinte sur l’environnement (voir par ailleurs). “Les élus passent et méconnaissent le dossier. Il est temps qu’une prise de conscience générale s’opère pour bien mesurer l’impact financier des bœufs divagants”, lâche André Libeau. Un commerçant du Maïdo, exaspéré de subir les nuisances bovines, fait écho à cet appel : “Faut-il attendre qu’il y ait un mort pour prendre enfin des mesures” ?

2 réflexions sur “Des taureaux sur la route de Maido

  • 18 août 2011 à 20 h 27 min
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