S’installer à la Réunion en tant que brasseur artisanal, dans un paysage déjà largement occupé par les industriels, tient plus de la gageure. C’est pourtant le défi que s’est lancé Pierre Vuccino.
Avez-vous déjà vu la Picaro ? Cette bière est fabriquée à Vincendo, quartier de Saint-Joseph, dans une micro-brasserie artisanale. Blonde, ambrée, blanche ou brune, nous ne parlons pas de drague, mais il y en a pour tous les goûts. On peut évoquer aussi les fruitées (bibasse, goyavier, bientôt letchi) et les produits d’exception. Vous l’aurez compris, Pierre Vuccino est un passionné de bière. Il y a deux ans sa petite amie et lui ont créé une unité artisanale où est produite la Picaro, bière au nom d’origine purement affective (Pierre et Caro). L’histoire de ce brasseur est peu commune. Issu d’une école de commerce, sa carrière débute à Lyon dans le secteur du marketing. Mais son quotidien professionnel ne le satisfait pas et très vite, il rêve de vivre sa passion. “A l’épqoue je faisais des recettes de bières imbuvables sur ma gazinière, dans un coin de cuisine”, raconte-t-il. Au bout d’un an, l’alchimiste se décide à tout plaquer pour se rendre en Belgique. “J’ai quitté ma copine, mon appart et mon boulot pour aller me former dans une micro-brasserie au centre de Bruxelles”. Après six mois de formation, Pierre Vuccino exerce enfin sa passion, crée ses propres recettes, gère une affaire. Mais l’idée d’aller s’installer ailleurs le titille. Sa copine de l’époque l’incitera à venir poser ses valises à la Réunion. Arrivé dans l’île, il commence à frapper aux portes. Sans succès. Pas grave. Pierre Vuccino se décide à créer sa propre micro-brasserie chez lui, en profitant d’une aide pour les jeunes créateurs d’entreprise. La production artisanale de bière est un processus long, parfaitement réglé, dont le suivi est très sérieux. Du début de la chaîne à la fin, Pierre Vuccino contrôle tout. Il faut compter 2 mois de fabrication avant de penser à la dégustation. “Rien n’est automatisé, c’est fait avec amour”, indique-t-il. “Je touille à la main, la filtration se fait par gravité, l’embouteillage est manuel…” Essentiellement pour une question de budget.
Doubler la production l’an prochain
Pour 25 000 euros investis au départ, le brasseur ne dispose pas de grandes machines. Par mois, il arrive seul à produire 1 000 litres, soit 3 000 bouteilles. La production annuelle de la micro-brasserie de Vincendo équivaut à 45 minutes d’activité des Brasseries de Bourbon. Vendue 2 euros directement sur place, à son domicile, un peu plus chère ailleurs, la Picaro n’a évidemment pas pour ambition de concurrencer la Dodo. Après avoir vendu sur les marchés forains, à Saint-Paul et Saint-Leu, pour tester son produit, le brasseur a commencé à démarcher les professionnels – bars et restaurants – essentiellement basés dans le Sud. Il y a 4 mois, il a réussi à établir un partenariat avec le réseau de distribution Vins sur 20, présent aux quatre coins de l’île. “Je dis souvent que la Picaro est la rencontre du savoir-faire belge avec le pays réunionnais. Mes recettes sont adaptées au climat local, moins d’amertume, pour des bières plus faciles d’accès”. Sa petite affaire marchant bien, Pierre Vuccino ne manque pas de projets. A côté des nouvelles recettes qu’il se plaît à imaginer, le brasseur ambitionne de doubler sa production annuelle à l’horizon 2011. Il souhaite également développer la vente de fûts (pour les machines à pression), et changer complètement de structure d’ici deux ans. L’investissement dans une nouvelle micro-brasserie artisanale pourrait lui permettre, à terme, de viser le marché local de la grande distribution. “Il faudrait pour cela produire 20 000 litres par mois et non plus 2 000 litres, mais j’espère pouvoir y arriver”, ajoute Pierre Vuccino, sans chercher à se faire mousser…


















bonjours j’ai recu en cadeaux une tireusse perfecdraf et recherche des futs de bierre de 6 l sur l’iles ou je pourais m’en procurez merci d’avance yves rubens